IL ÉTAIT FRANC-MAÇON


À Maurice Caillet.

Je ne crois pas au vain de la sinistre Église
Où le vœu d’être libre s’enlise,
Je ne crois pas en Dieu, ce Jésus qui n’est pas,
Qui n’est qu’un repousse-trépas,
Je ne crois pas au Père, à l’Esprit. Pour paraître
Je vais voir ce vaniteux prêtre,
Mais aujourd’hui, fini. Assez du vain, assez !
Partez, vous tous qui l’embrassez,
Ce faux religieux – ce vide m’interpelle,
Quant à la sordide chapelle,
Mon seul plaisir serait d’y venir blasphémer.
J’oublie, en cet instant, d’aimer.
Je refuse de croire en l’être imaginaire
Que l’injustice rémunère,
Je refuse au nom de ce subtil compas
D’aimer ce qui n’existe pas,
Avec le sentiment d’être fait par l’équerre
Du chaos fragile et précaire.
Non, je ne suis pas fort mais, produit du hasard,
Je refuse d’être un lézard,
Qui craint le châtiment de la toute-puissance.
Qui n’existe pas, par essence.
C’est ainsi que j’abhorre, assuré, courageux,
Écouter ce prêtre ombrageux ;
Moi, fier franc-maçon, j’entre dans cette église,
Sûr que la croyance s’enlise.
Leur Évangile sot n’est pas la Vérité,
Et n’aura jamais mérité
L’honneur qu’on vient lui faire à vainement le lire.
Je suis là, devant ce délire,
Ce cirque de la foi. Le prêtre lit Matthieu.
« Demandez… » Plutôt mourir, Dieu !
« Vous obtiendrez ! » J’entends, car tout cela résonne
Dans ma caboche qui raisonne.
« Écoutez, » écoutez ! Les mots touchent mon cœur,
J’entends la voix du Dieu vainqueur.
« Vous entendrez ! Frappez, … » Ces mots de connaissance,
Ce VITRIOL est vaine science !
« On ouvrira ! » Quoi donc ? Moi, le fier franc-maçon,
Je partagerais leur façon ?
Je connais bien ces mots que je médite en loge.
La loi que Son Amour proroge,
Je la connus, aveugle, en haïssant la foi !
Ô Seigneur, aie pitié de moi !

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commentaires

  1. Il était non croyant, non pratiquant ou athée et un jour il a fait la rencontre d’un Ami… Poussé par je ne sais quel désir, il a ouvert la porte et la lumière a inondé son coeur et depuis elle ne cesse de déborder, de couler, de rayonner et d’illuminer tous ceux qu’il rencontre : il ne garde pas jalousement son trésor, il le partage, il le donne au risque de ne plus rien avoir pour lui. Et par miracle la coupe, le panier et l’assiette sont toujours pleins et même débordants…
    Merci

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