Vianney Roche-Bruyn

Mes ouvrages publiés

Quelques Mots de choix – Diverses gâteries poétiques [livre papier / livre électronique à venir]

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À Paraître

Je prépare un deuxième recueil de poésie intitulé Vices et vertus. Je vous laisse en découvrir un premier extrait :

« Exorde »

Discourir, cher ami, par la beauté des vers,
D’un écrit minuté faire vivre la langue,
D’une parole juste éclairer nos travers,
Écouter la douceur d’une folle harangue,

Se jouer hardiment des temps et de l’oubli,
Inventer l’avenir du parler de Molière,
Voilà pour le poète et son être ennobli
Par le mot qui s’agrippe et tient comme le lierre,

Voilà de l’écrivain le désir mal caché !
Vous lirez ces discours, cher ami, comme d’autres
Lisent de la cuisine avec l’air détaché ;
Ou bien, très cher lecteur, vous saurez faire vôtres

Les vers de ce recueil pour vous en inspirer ;
Ou même, cher poète, aurez-vous cette force
À dire de mes mots que je veux admirer :
« Ils ne valent pas mieux que l’œuvre que j’amorce ! »

Voyez nos grands auteurs depuis le vieux Villon :
Ils ont produit des vers à inspirer les anges,
Ont tenu mieux qu’autrui l’immense pavillon
De notre beau langage et de ses doux échanges !

Mais le poème ira, et rien n’aura changé.
Ce néant de nos mots qui paraît de génie
N’a pas éteint la guerre, encor moins dérangé ;
Aujourd’hui, on prétend ce que jadis dénie,

Car l’écrivain n’est rien face au doigt du pouvoir,
L’écriture n’est pas face au jeu des intrigues !
Alors, reste aux auteurs le vœu de faire voir
La douceur de ce vent, la beauté des garrigues,

Les passions de l’homme ou l’ardeur du guerrier !
Nous avons, cher lecteur, résumé de ces lignes
Ce que nous croyons voir et nous approprier
De notre histoire humaine et ses aigreurs malignes.

Mais voyons désormais où je veux vous mener.
Dans notre étrange époque où tout fut réaliste
Jusqu’à ce qu’un virus vînt à tout gangrener,
Tant avaient préféré les mots du journaliste

Aux folâtres atours du poète discret,
Qu’ils avaient oublié les vertus et les vices,
Que le faux ni le vrai leur devenait secret,
Qu’ils ne connaissaient plus ni bien ni les malices !

Au lieu de la vertu trop parlaient de valeur,
Plutôt que dire vrai on semblait authentique,
Avant de faire bien tous voulaient la chaleur
De quelque sentiment à l’atour romantique.

Je veux donner le Beau qui de l’âme est reflet,
Montrer que vivre mal, quoiqu’en dise la mode,
Vous fait souvent agir avec un désir laid ;
L’œuvre d’un homme meurt ; le Bien, rien ne l’érode.

Je réponds donc d’avance au moralinateur :
Peu me chalent[1] les mots qui hurleront de haine,
Qui jugeront l’idée avant d’être lecteur
Et vomiront le Dieu qui prit sur lui leur peine !

Ma joie est de chanter la gloire de Son Nom,
Mon bonheur, de sentir la Croix sur mon épaule,
Mon oui sera un oui, mon non sera un non,
Je servirai Jésus même dans une geôle !

[1] Du québécois « chaloir »‚ qui signifie « importer ».