L’EXIL


J’ai, ma foi, un peu trop de ces âmes lointaines !
Exilé par la vie aux rives incertaines,
J’attends la fin des coups d’un souffle clandestin ;
J’attends le trait fatal de l’arrêt du Destin.
J’ai, ma foi, un peu trop de ces âmes lointaines !

En ce jour où le Temps n’interrompt pas ses rondes
Que ne puis-je mener la transe des secondes,
Dominer de la montre implacable le train ?
Je m’échine à lutter contre son fou refrain !
En ce jour où le Temps n’interrompt pas ses rondes

Je ne puis de ce monde aimer la frénésie,
Je ne chéris pas plus son peu de fantaisie ;
Je préfère de l’autre un calme audacieux
Qui transporte mon âme à ce repos des Cieux.
Je ne puis de ce monde aimer la frénésie,

Je ne fuis plus, pourtant, l’implacable mesure.
Des jours, je ne fuis pas la subtile césure ;
Des nuits à la douceur que je chéris souvent,
Je préfère le vrai d’un baiser, d’un doux vent.
Je ne fuis plus, pourtant, l’implacable mesure.

Mon rêve est de toucher de près l’Amour unique.
Je laisse le Seigneur embrasser ma tunique,
Moi, l’indigne mortel qui n’attend point la Mort,
Pour le laisser briser les attaches du Sort.
Mon rêve est de toucher de près l’Amour unique.

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