Attente


J’étreins la solitude et rêve le bonheur,
Émerveillé, ravi peut-être, et parfois morne ;
Dans les bras de ma nuit je porte mon honneur
Plus haut qu’un désespoir où mon désir se borne.
 
Je suis silencieux d’un sonore distrait,
Aimant dans sa candeur la joie enguirlandée
De la vertu sublime en un cœur bien discret…
Qui serez-vous, très chère, ô épouse accordée ?
 
Je ne vous connais point car tant m’ont refusé…
À d’autres ai-je donc quelque reproche à faire ?
Aucun. Le grand bonheur attend comme un rusé,
Car il sait, lui, l’honneur qui revient au trouvère,
 
Ce poète futile aux vers prétentieux.
Un jour, un doux regard de l’instant d’une oreille,
Qui goûtera ses mots, son cœur et les doux Cieux.
Prenant sa main tremblante elle dira : « Merveille ! »
 
Touchant ses yeux des siens elle osera souffler
Cette douce réponse avec l’ardeur de l’âme.
Le poète amoureux laissera-t-il siffler
Un chant reconnaissant pour sa prudente flamme ?
 
Je suis l’impatient, l’éconduit, le cœur fier,
Qui se prend à penser au bonheur, à la vie ;
Je reste là, perdu, pansant encore hier,
Dessinant cette route et pleurant mon envie.
 
J’aimerais du beau sexe – ô combien contemplé ! –
Qu’il sût me découvrir comme une vivante,
Mais je crois qu’il regarde avec un air troublé
La noirceur que je vois comme un air d’épouvante.

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