Offrande du pardon


Le frisson de l’étrange établit son empire,
Tandis qu’avec ma vie en un temps singulier,
Il joue… À ces instants où je reste son sbire,

Je dédie un poème en un vœu de lier ;
À la noire seconde où paraît l’homme affable,
Je chante le moment d’un rythme régulier,

Supportant cette main qui d’un air invivable
Pose sur mon épaule un tendre naturel.
Qui me dirait normal semble dire une fable :

De ce vieux récité d’un ancien ménestrel,
Il raconte alentour un homme qui n’est mie,
Un Vianney Roche-Bruyn au charme temporel.

Tel n’est pas le problème : une instable thymie !
Reste que de ce monde aux atours d’agressif,
L’humanité parfois prend l’air d’une ennemie.

Sur l’autisme et moi-même, assez d’un vain poncif !
J’ai beau paraître un peu devant chaque personne,
Je suis une copie au monde dépressif ;

Même ainsi je suis beau de mon être qui sonne
L’étrangeté ; souvent ce monde est bien surpris
Quand je dis que l’autisme est ce qui me façonne !

L’acteur du quotidien meilleur qu’un malappris,
Le pitre de spectacle à l’ombre généreuse,
L’effacé du silence aux tourments de vains ris,

N’est-ce point moi ? Qui suis-je ? Et qu’ai-je ? L’âme heureuse,
Peut-être deviendrai-je un typique masqué ;
Les jours noirs, cependant, le désespoir me creuse :

Que ne puis-je être un homme au regard non-moqué ?
Je reste maladroit dans cette gestuelle,
Microscopique trait du facial risqué

Que je ne perçois rien tant que, résiduelle,
Quelque contour de bouche ou quelque atour des yeux ;
Ce n’est pas malheureux cette âme unusuelle,

Pourtant, très chers amis, car au divin des Cieux,
Je crois que comme vous le Bon Père m’appelle !
N’ayant crainte pour moi ni pour le précieux

Qui s’attache à penser qu’en moi l’âme n’est belle,
Que je devrais paraître et n’en exister pas,
Car pour lui je ne suis que paresse rebelle.

Mon autisme ne prend jamais l’air du trépas ;
Il témoigne avec joie et sublime tendresse
De Jésus le Sauveur qui guide tous mes pas.

Peut me chaut cet autrui qui m’insulte et m’oppresse,
Car il est pardonné par mon cœur bienveillant ;
J’ai trop longtemps subi pour répondre à leur presse,

J’imagine parfois que leur jeu malvoyant
Leur est ce handicap qui paraît redoutable,
En tous cas, qui le reste à mon regard fuyant.

Il n’est pas pire mal que cet indiscutable
D’injures envoyées à la face d’autrui ;
Libre à ce pauvre-là de partager ma table,
Sans que mon cœur retienne un mauvais mot pour lui.

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