L’AUTRE CENTENAIRE


La France se souvient d’un futile armistice,
Oubliant son grand saint qui vécut au désert ;
Plus le moindre poilu dans ce monde factice
Pour avertir le monde et son fatal concert,

Quand les écrits parlants d’un prêtre d’Algérie
Rappellent avec foi le noble de l’Amour.
Face à lui se dressait l’humble périphérie
D’un monde abandonné au sable d’alentour.

Animé par le Christ qui guide avec tendresse,
Il priait pour un peuple à l’immense fierté –
Ces vaillants Touaregs qui hurlent de détresse
Sous le joug du mépris que l’Arabe a porté.

Lui qui erra douze ans dans les plaisirs faciles,
Dans le vide infini du rejet de la Foi,
Il désirait le Christ pour ces pieux indociles
D’un Islam imposé par le joug de l’effroi ;

Il pensait bien souvent que la France laïque,
Ayant fui son baptême et rejeté son Dieu,
Finirait par mourir face à l’âme islamique :
L’union de cette Oumma reconquérait ce lieu.

Il craignait pour la France une guerre inutile,
Qu’elle versât son sang pour ce sol étranger ;
Qu’il lui faudrait déjà proclamer l’Évangile
Si elle espérait vivre en ce pays d’Alger.

Il sentait que venait le temps de la défiance,
Que l’Arabe insoumis, de plus en plus armé,
Portait un mépris sourd, une blême méfiance ;
Face au Français païen il s’était affirmé,

Il complotait déjà pour le chasser des terres
Où seul le fier Islam un jour devait régner.
Le temps paraissait loin des naïfs cimeterres,
Car désormais le feu n’allait rien épargner.

Le saint prêtre écrivait sur le mauvais silence,
Sur l’interdit de croire en l’immense grandeur,
Sur la foi qu’il taisait par respect pour la France,
Sur le Dieu tant aimé pour son humble splendeur ;

Il songeait au martyre en cette terre hostile.
Ô quelle joie immense ! et quel beau testament
Que la mort pour Jésus dans ce monde infertile !
Où le bonheur se fuit pour un mal déprimant.

L’Europe se tuait dans une guerre atroce.
Loin de la violence et des combats sanglants,
Il portait tant d’amour pour l’ennemi féroce ;
Le Bien lui donnait tout face à ces maux troublants.

Ce soir-là, l’ennemi frappa la douce porte ;
Il l’ouvrit d’un sourire, accueillant le destin,
Son humble vie offerte au Seigneur de la sorte –
Par le sang du martyre épandu ce matin.

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