Terreurs nocturnes

Regardez cet enfant s’agiter cette nuit : Le cauchemar l’a pris dans un filet de toile, Sa glu terrible et sombre à l’air de triste voile Brise jusqu’au sommeil de ce pauvret ! Sans bruit Il fut pris dans ce piège alors que les étoiles, La berceuse d’hier, les pépiements d’oiseaux, Tout semblait s’être uni pour poser…

Veille

Sous l’ombrage endormi le monde se repose ; Il semblait dans la nuit devant la tombe close Que rien ne troublerait le silence du mort. Douze soldats armés montaient la dure garde, Affrontant le sommeil et cette heure qui tarde : L’assoupi connaîtrait un misérable sort ! Le matin, viennent là trois femmes habillées Par la beauté de…

Union des époux

Protégé par Cléo À un couple d'amis, J. et H. Que ne connais-je point le bonheur éternel, Moi qui vois d’ici-bas cet avant-goût céleste ? La sainte Trinité dont notre esprit se leste A cet humble parfum du couple originel. Dans l’acte liturgique à l’atour solennel, Est-il rien de plus grand que le tactile geste,…

Ô NUIT DE DIEU !

Ô Nuit de Dieu ! Ô Nuit sans Bien ! Ô Nuit sans Foi ! Nous sommes au quint jour révélé au disciple ; Cette Nuit qui commence et qui dure, sans Loi, Est Nuit puissante et vaine où le Méchant se triple, Tel une imitation superbe du Vivant. L’inconscience progresse, invention démoniaque ! Car l’Ange déchu n’est que trois…

QUAND MÊME LA VOIE LACTÉE DISPARAÎT

Plus d'étoile la nuit, hélas ! Astres lointains ! Que ne pouvez-vous plus briller ? Qui vous retînt Pour vous cacher aux yeux terriens ? _ Ô malheureuse ! C’est ta Lune adorée qui devient vénéneuse, Empoisonnée, mortelle. Hélas ! tout t’est caché Par cet astre noirci qui t’est trop attaché. Oui, Terre, nous étions ton dernier recours, Mais notre…

QUAND LA LUNE SE VENGE

La Lune souriait dans l'Infini glacé. Sa vengeance venait. L’astre de nuit agacé Si longtemps par la vie qu’elle avait jalousée La voyait disparaître enfin dans la nuée. Maintenant, qu’avait-elle à craindre ? Non, plus de séquoia essayant de l’atteindre, Plus un seul animal sautant pour la toucher, Et plus aucun humain tentant de se cacher…

QUAND VIENT LA NUIT

Le soleil s'endormait sans la couleur du jour : Finis donc nos espoirs ! Finies donc nos amours ! Ils partaient en laissant la Nuit. Restait le Crépuscule, qui luttait sans courage Contre le voile noir qui lui faisait outrage. Voile noir ? C’était donc la Nuit ! Le feu impitoyable avait tout consumé, A présent, il couvrait le…