Un regard de Noël


 Noël, plus qu’une fête, un regard échangé,
 Subreptice câlin des yeux de la tendresse,
 Plus que la joie humaine un amour qui caresse,
 Un repas simple, une âme heureuse, un plat mangé ;
 Quel que soit le désir qui point dans chaque tête,
 Noël, c’est la beauté bien plus qu’une humble fête ! 
 Vois la belle candeur de ce sucre doré !
 Sens l’immense bonheur d’un bijou, d’un sourire !
 Contemple les doux mots que quelqu’un vient d’écrire
 En ouvrant ton paquet joliment décoré ! 
 Ah ! tendre est cet instant que découvre une offrande,
 Et quelle joie humaine ! Elle est vraie, et si grande ! 
 J’ai le bonheur de dire avec l’humble des vers
 Que Noël est ce temps où la vie interpelle,
 Où je vois de l’Amour la valeur toute belle
 Et la chaleur au creux de ces frileux hivers ; 
 J’aime tant ce Noël en sa douce matière
 Qui comble l’être humain dans l’âme tout entière. 
 Imagine pourtant cet homme des trottoirs
 Qui n’a pas même un toit et repose par terre,
 Regarde-le, ce gars, dont l’aspect semble austère,
 Car, peut-être, son cœur te raconte les soirs 
 Passés seuls… Sans personne à qui dire sa rage,
 Seulement, ressent-il la souffrance et l’outrage ? 
 Dis-moi : Pourquoi Noël ne serait point pour lui ?
 Tandis que nous rions quelqu’un souffre en silence,
 Quand nous vivons de joie avec notre opulence,
 Il dort sous quelque pont où s’écoule l’ennui, 
 Alors, pour ce Noël, permet qu’un pauvre type
 Soit réchauffé de vie avec son humble fripe ! 
 Il n’a pas moins de mots que nous n’avons de cœur,
 Celui que nous jugeons d’un œil dur, froid, et sombre,
 Même, il n’est en ce gars qu’on délaisse dans l’ombre
 Pas moins de dignité qu’en notre aigre moqueur ! 
 La profondeur d’un don n’est pas tant mesurée,
 Que d’un amour qui vit sur la longue durée. 
 Regarde un peu ce gars qui pleure sans un bruit,
 Réchauffe aussi l’humain que ton regard rassure,
 Viens toucher sa beauté qui guérit la blessure,
 Sois le baume des maux de cet homme détruit. 
 Toi-même, tu verras que ta vie est sublime,
 Que tu peux dépasser le vain de cette frime, 
 Ce frivole des sens qui guette aux alentours,
 Qui voit le véritable au tinté d’une pièce.
 À faire l’impensable auras-tu la hardiesse ?
 Cesse, à jamais, de jouer le faux jeu des vautours, 
 Rejoins cette personne et son atour étrange,
 Deviens un être humain : pour elle, sois un ange !
 Noël, plus qu’une fête, un souvenir heureux,
 Un regard tout offert sur le gars de la rue,
 Et non sur ta rancœur aujourd’hui disparue,
 C’est la grâce des mots rendus au miséreux, 
 La douceur d’un instant qui peut changer ta vie.
 Noël, c’est la tendresse en son âme ravie !  

3 commentaires

  1. Par ces quelques lignes tu ravis notre temps passé dans les bouchons parisiens.
    Belle réflexion sur la magnificence et la petitesse qui se trouve alors magnifié par tes mots.

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  2. Noël est pour tous et tout particulièrement pour les plus petits et les étrangers : les bergers et ces mages guidés par l’Etoile. Apprenons à reconnaître les bergers et les mages d’Aujourd’hui dans ceux qui nous entourent.

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