Être poète


 Je ne sais que décrire alors j’écris ces mots,
 Sans raison, c’est possible, et pourtant je soulage
 Mon cœur trop plein de verve avec un grand courage :
 Au-delà de mes vers je vois mes airs jeunots,
 Je sens cette douleur de mon âme brisée
 Par le rire d’autrui dans cette cour, hier.
 Oui, peut-être ai-je tort d’éloigner ce vieux fer
 D’une rouge blessure à l’ardeur maîtrisée. 
 Sûrement suis-je bête à produire ces vers,
 Ne sont-ils point ces morts qui vivent dans l’histoire,
 Pour qui l’auteur prétend connaître cette gloire
 Qu’il perçoit du tombeau d’une nuit de revers, 
 Et ne voient le succès qu’à son trépas ? La force
 Que le poète donne à son puissant crayon –
 Cet esprit qui jamais n’aimera le bâillon –
 N’a rien de celle-là qui contemple son torse ; 
 Le pouvoir du poète est bien plus que ces airs :
 Il préfère puiser dans toute l’écriture
 Le fol épanchement d’une fioriture,
 Et propose un génie aux éloquents éclairs.

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