Troisième blancheur


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De Pologne naguère a sourd une blancheur,
Qu’un Turinois jadis vit comme dans un rêve :
Éclat pur d’un joyau que ce grand voyageur,
Cet homme qui porta la Vérité sans trêve !

Ce visage épuisé par les terribles ans
Ne refusa jamais la douceur d’un sourire,
Même face à la guerre et ses durs artisans,
Il montra cet Amour qu’on ne pourrait décrire !

La colère souvent, face aux idéaux noirs,
Devait bouillonner fort dans cette âme si belle ;
Mais la grâce de Dieu qu’il priait tous les soirs
Devenait le fusil de ce jeune rebelle !

Notre Mère du Ciel, Marie, eut dans son cœur
L’accueil tout chaleureux du fils qu’elle rassure ;
Quand tout semblait perdu face au Démon moqueur,
Elle le prit contre elle et couvrit sa blessure.

Sûrement lança-t-il comme un cri lancinant :
« Que d’horreurs ! que d’horreurs ! en ma pauvre Pologne,
Que de maux ! Tendre mère, aidez-nous maintenant !
Protégez-nous, Maman, de leur sombre besogne ! »

Voyez son grand courage et sa douce bonté,
Désormais ce jeune homme a choisi la prêtrise ;
En cela, c’est de Dieu qu’il fit la volonté.
Sur sa vie, il lâcha désormais toute prise.

Sa piété, sa douceur dérangeaient le Malin ;
Dans ce pays régnaient le Rouge et sa police ;
L’homme pourtant jamais ne parut même enclin
À la méchanceté d’une injure, malice

Du Mauvais persifleur qui attaque à l’envi.
Il demeura debout devant le communiste.
En tout cela, Jésus restait le seul servi,
Et dans ce monde ingrat, froid, dur, antagoniste,

Il montra le bonheur du fidèle chrétien.
Il reçut crosse et mitre avec l’âme étonnée,
Au service de Dieu d’un courageux soutien,
L’homme offrit son exemple à l’Église donnée.

Le monde se tourna par deux fois vers le lieu
Où l’Apôtre mourut la tête renversée ;
Devenu cardinal pour la gloire de Dieu,
Le Polonais reçut, l’âme bouleversée,

La sublime blancheur de l’humble papauté.
Le Rouge demeurait têtu, dur, coriace :
Un treize mai, parmi les gens, sur le côté,
Deux coups déchirèrent l’ombre, ébranlèrent la place,

Mais la Reine des Cieux sauva son vieil ami ;
Le feu ne tua point sa cible courageuse.
Berlin, Moscou, tout l’Est s’était vu raffermi ;
Il s’écroula bientôt dans la mort orageuse.

Le pape Polonais subit les coups du Mal,
Suivant le doux Seigneur et Sa Mère très sainte
Il ne lâcha jamais le peuple baptismal.
L’exemple de sa vie attira dans l’enceinte

De la place Saint-Pierre un monde jamais vu ;
À sa mort on chanta : « qu’il soit saint tout de suite ! »
Un dernier hommage à cet homme imprévu,
Trait de la Providence à la bonté gratuite.

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