Ce jour de décembre


Un fragment de douleur dans cette triste plainte,
Qui s’élève d’en bas pour appeler les Cieux ;
La foule, dans l’église à l’air silencieux,
Demande pour un prêtre une divine étreinte.

Cet homme dans ma ville est admiré par tant ;
Ne dit-on pas de lui qu’il fit pour notre Église
L’œuvre digne d’un saint que clame sa prêtrise ?
Ce héros reconnu par le monde, en partant,

Laissait le souvenir d’une âme bien fidèle.
J’étais dans la chapelle à prier le Seigneur,
Avec la foule immense et croyait de tout cœur
Que l’homme célébré serait ce doux modèle.

Il parlait vaillamment par ces temps assombris
De la bonté de Dieu qui réveille la vie.
Je ne puis m’attarder sur cette force obvie :
J’aimerais oublier les ruines et débris,

Que l’homme a ravagés, que l’on nommait jeunesse.
Je sentis ce jour-là comme un ombreux tourment,
Comme si dans l’humain restait l’égarement,
Un sentiment profond dont il fallait qu’il naisse.

Je bénis le cercueil troublé par ce remords
Qui semble proclamer ce qu’a fait sa dépouille.
Je me signe avec foi mais mon âme s’embrouille
D’un triste et sombre mal qui me pousse dehors.

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