Contre l’intelligence


Le malheur des humains qui m’ont longtemps menti ?
Ils mettent ce vain nom qu’un monde anéanti
Permet de juger bon pour l’us commun des âmes,
Sur le front des niais, ou sur la main des femmes.
Cet imbécile nom que porte le pédant,
Avec dédain, l’instruit le hait, le précédant,
Même… S’il n’est de vue à l’aveugle géronte,
Ce mot d’un bel esprit dont tant disent, sans honte,
Qu’ils en ont le pouvoir sans moindre contredit,
Ce qualificatif que le fort s’interdit
Est certes un prétexte à vanter son mérite !
En affubler le sot, voilà le nouveau rite !
Quant à moi, personnage à l’atour singulier,
À chérir le savoir chez un particulier,
J’en viens à rêvasser sous l’ombre d’un arbuste,
À laisser choir un fruit sans me bâtir un buste ;
Je comprends maintenant d’où je ne suis pas lu.
Le somme que d’aucuns prétendent superflu
Plus que l’esprit du sot fait de l’ombre aux idées,
Le repos salvateur des âmes excédées
Par ce rebut niais d’esprits incompétents,
Il éteint les bruits sourds de leurs airs tout pétants.
Je ne peux pas me faire à leur crasse sottise,
Ni même l’imiter puisque je la méprise !
Chantez, chantez, vautours ! et vous, volez, mentez,
Persiflez, querellez, forcez les coups montés,
N’écoutez que les voix que vous donne le nombre ;
Il paraît que le jeu c’est de n’être pas sombre !
Ah ! j’en vois, des génies à la trouble vertu,
Qui paraissent sans fin ce théâtre impromptu !
Ah ! j’en ris, des faussets que le chant de l’époque
Présente comme vrais mais que mon âme moque !
Oui, j’en connais, des sots vêtus comme des rois,
Qui pensent exister devant l’ombre des lois !
L’innocent parfumé n’existe pas, mais tue !
Le costume est taillé pour une âme dentue,
Qui fait la belle, et vend son vide avec fracas,
Toujours… N’écoutez pas les requins faire cas
De leur hypocrisie avec la tête haute ;
Je ne souhaite à nul de se faire leur hôte,
Car où passe un requin ne reste que la mort.
La perfidie est là qui vous condamne au sort
Que désire pour vous l’abrupte cuistrerie ;
La sottise des faux vend sa verroterie,
Et mange vos impôts qu’elle invente nombreux !
Je n’ai plus d’énergie à dénoncer ce creux
Où se vautre l’humain au gré de ses envies !
Et l’argent séducteur s’amuse avec nos vies,
Car l’esprit des puissants calcule toujours plus !
Et leurs écrits d’enfant sont joyeusement lus
Par ce peuple étourdi qui n’entend que sa bourse !
Et les mots débités dans une folle course
Bâtissent l’avenir aux yeux de l’électeur !
Sans arrêt, le coquin joue avec son fer menteur
De qui l’écoute heureux d’être entendu d’un autre.
Oui, tout lui tient à cœur, parce que c’est le vôtre.
Il fait un sacré bruit pour sa foule d’adeptes :
Du démocrate utile aux demandes ineptes,
En passant par l’escroc – repenti, c’est promis ! -,
Au parvenu sans nom qui joue au vieux commis,
Il plaisante sans rire ou sort sa belle phrase !
Et reste convaincu surtout quand il se rase…

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