ESPRIT TORTURÉ


Le cri de la Vendée est un meurtre sanglant,
L’inavoué commis par la troupe féroce,
L’indicible du mal d’un monde violent
Qui concentre en un lieu les crimes de l’atroce.

L’humaine piété n’est que superstition
Qu’il faut éradiquer comme la variole,
Contre elle il faut faire une Révolution ;
Car les fastes de Dieu sont vaine gloriole

Il faut briser le peuple et le remettre au pas.
Il préfère le prêtre et n’a pas l’âme libre,
Ce peuple ingrat, qui vit de prou, d’argent non pas ;
La plèbe adore un Dieu que gouverne le Tibre.

Le cri de la Vendée est comme un cri sans pleurs,
Qui réveille la nuit le survivant… Le rêve,
Toujours le même, horrible, éveille ses douleurs –
Ce terrible tourment qui le saigne sans trêve :

Cet enfant non-nourri, cet homme émasculé,
Sa femme humiliée, et lui, qui prit la fuite.
La haine est en son cœur un poison maculé,
Une tache sanglante, une larme conduite

De l’œil au sol… La haine est là comme un calmant :
Elle assomme son cœur des mots de la vengeance ;
La révolte et le fiel font le sombre serment
De tuer des patauds la maléfique engeance.

Le héros d’autrefois, c’est cet homme brisé.
Ce pauvre paysan, devant le brasier cuivre,
Au sourd de la colère ouvre un cœur reprisé ;
Il meurt devant ce feu, qui brûle… Et le délivre.

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