LA COMPLAINTE DE LUCIE I


Je l’aime, hélas, mon Dieu, je l’aime, cet homme !

Hélas, ni amis chers, ni paroisse, ni Rome,

Mais Dieu seul, lui seul, a vu le changement

Frappant mon pauvre cœur ; las ! le revirement,

Le doute après la joie. Je suis si amoureuse,

Mais d’un homme incroyant ; ma flamme langoureuse

Me commande le lit ; mon cœur jadis confiant

Me demande l’Amour. Rien de lénifiant,

Le temps passe, il passe, et passe, et passe encore,

Et pourtant son image est là ; elle se dore

Jour après jour ; hélas ! Si elle parvenait

À s’effacer enfin ; mais chaque jour renaît.

Je n’eusse pas la foi, il m’eût déjà fanée.

Ce n’est pas en dix ans, ni même en une année,

Mais en un jour, hélas ! en une heure, un instant !

Que mon cœur en Amour est toujours si constant ?

Attention ! Je suis triste, et le Démon me guette ;

Ce n’est pas lui, malheur ! qui suivra Sa requête,

La requête divine. Infiniment plus fort

Est l’Amour de Jésus, et moi je fais un fort

Autour de mon dur cœur, blessant jusqu’à la lie.

Satan veut que j’oublie, Dieu et Mal, que j’oublie.

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