Nuit agitée


Quelque part s’agitait une flamme superbe, tandis que je dormais – mal – avec les ronflements surfaits de l’homme que le sommeil trouble. Je ne savais que penser du silence mystérieux qui me subjuguait, m’encerclait dans un flot discontinu de pensées alambiquées et endolories. Il faut dire en effet que la nuit ne m’aime pas, et que son attrait me paraît digne du quelconque d’une âme décrépie. Elle ne m’a jamais touché d’ailleurs, l’ingrate, et ne me séduira jamais.Bref, le sommeil, ce soir où je m’étais dis qu’enfin il accomplirait sa promesse de m’assommer doucement d’un rapide endormissement ; le sommeil, dis-je, qui n’avait pour moi que l’effet d’un réconfort potentiel ; le sommeil dont je rêvais souvent quand d’autres vivaient les béatitudes d’un charmant petit rêve ;le sommeil ne venait pas. Ô ! Je dormais, d’un sommeil de plume ; de plomb, il ne s’agissait point. Je respirais bruyamment, je soufflais quelquefois un râle de désespoir, je maugréais quelques jours plus ou moins spirituels, et me retournais. Non pas que je ne fusse point fatigué, ni même que la nuit ne tentât de m’attirer dans son panier, mais j’avais beau compter les moutons qui sautent dans la prairie, les vaches qui meuglent dans les champs, ou je ne sais quel animal du bestiaire de basse-cour, ennuyé, je ne m’endormais pas. Peut-être pourrais-je plus tard. Reste que je n’y parvenais, ce soir encore, point.

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