DIALOGUE DES AMOUREUX


L’AMOUREUX

Le jour luit sur la plaine ; elle est au bout, là-bas,

Ma dulcinée, ma douce, et je n’en suis point las !

Je ne puis résister à ses yeux redoutables ;

Sa grâce, sa bonté sont puits intarissables ;

Je l’aime, je l’adore ! et elle m’aime aussi.

L’AMOUREUSE

Mon Dieu ! que je ne sois point séparée de lui !

Hier, il m’a donné ces deux perles bénies,

Qui luisent de l’éclat de nos âmes unies,

Qui chantent cet amour qui me lie. Douce ardeur !

Si tu savais combien tu faisais mon bonheur !

L’AMOUREUX

Que je l’aime, mon Dieu ! mon Dieu, comme je l’aime !

C’est ma joie, mon bonheur, mon bijou, mon diamant ;

Elle a l’éclat magique et la splendeur extrême

Des étoiles du firmament.

Étoile de mon cœur ! admirable lumière !

Don du Seigneur mon Dieu ! je suis ton cher amant.

Je m’émerveille, et sais que mon humble prière

Cache mon plus beau sentiment.

Admirable princesse, âme douce et chérie,

Un baiser de ta part et ma flamme est guérie ;

À présent nos deux cœurs sont liés.

Je ferai tout pour toi, ma chère dulcinée,

Je te ferai présent de l’anneau des mariés ;

Ah ! quel bonheur de te voir née !

L’AMOUREUSE

Mon cadeau, mon chéri, mon bonheur, mon oiseau,

Le jour où je t’ai vu, ta vigueur m’a surprise.

Sans toi, mon cœur, je semble un si frêle roseau

Se cassant à la moindre brise.

Je tressaille de joie de te trouver si beau,

Mon bien-aimé. Mon cœur vit, mon âme est éprise,

Mon être est avec toi ; ton âme est ce ruisseau

Tranquille que plus rien ne brise.

Ta vie semble à mes yeux l’or de la Création,

La victoire de Dieu dans toute Son action.

Ô mon amant ! tu es ma force,

Mon vaillant protecteur, le plus doux des héros.

Face aux fous, aux méchants, tu es ma dure écorce

Qui me délivre de leurs crocs.

LE FIANCÉ

Mon Dieu, déjà je sais tout au fond de mon cœur

Qu’un jour je serais là, sur la plaine gracieuse,

A chanter mon bonheur d’une voix mélodieuse ;

Je sais que ce jour-là je verrai l’âme sœur.

Je serai l’amoureux qu’on aimerait enfin.

Je courrai vers m’amie comme un oiseau s’envole,

Et je lui dirai oui pour la vie. Ma chair molle

Sera lors toute chaude et tremblera ma main

Au moment de mettre l’anneau.

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