VICTOR HUGO


Sot, tel est cet auteur de sotte poésie,

Qui érigea en dogme une sombre hérésie :

Prose rimée – telle est la teneur de ses vers !

Hernani n’est que prose, et Ruy Blas n’est que vers

(Je parle ici, lecteur, du glorieux mollusque

Qui se dit amoureux) ! Ceux dont nul ne s’offusque,

Ceux qui sous une plume adverse eussent perdu

Tout crédit, ceux surtout dont le verbe est ardu,

Ces piètres Châtiments qui ne châtient personne,

Ces Châtiments dont rien ne ressort, rien ne sonne,

Sont à la douce lyre une injure, un poison

Qui même à un sophiste insulte la Raison !

Voyez donc Waterloo que l’auteur interpelle,

Avant d’écrire un vers comme on creuse une pelle !

Quand enfin cet écrit devient presque lyrique,

Quand on commence à croire à un trait onirique,

C’est que l’œuvre s’achève et qu’on est soulagé !

Lisez donc, et voyez cet écrit enragé,

Œuvre d’un auteur fat à la plume indignée,

Préférez lui des vers à l’auguste lignée !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s