Je n'oublierai jamais les mots des dictateurs
Qui depuis tant de mois règnent en cette France,
Qui veulent enfermer tels ces grands sectateurs
À l'honneur putréfié, la gloriole rance ;

Non, je n'oublierai pas leurs mots sourds et tranchants
De va-t'en-guerre ingrats devant leur assemblée ;
Je n'oublierai pas plus leurs discours alléchants,
Leur prêche ni leur fric, ou la foule troublée,

Les Français réprimés, éborgnés ou manchots,
Cette masse ignorée et refusant le passe ;
Et j'oublie encor moins les bâillons, les cachots,
Le purin et la boue, où l'on veut que trépasse

L'opposant que vomit ce pouvoir détesté.
L'apartheid, le ghetto, le camp : on s'autorise
L'Histoire aventureuse à l'absurde infesté
De ces fours pour lesquels tant ne voient de méprise.

On oublia Hitler, le voilà revenu
Sous l'air calculateur de l'Europe imbécile ;
On imposa Staline au pauvre détenu
Et voici qu'on réclame un ouvrier docile.

Oubliez que l'Histoire aime à se souvenir :
De son horreurs, d'un coup mortel, de tel massacre,
Rappelez-vous l'odeur à n'en jamais finir…
Parfois la liberté n'est plus qu'un simulacre :

L'homme libre et debout croupit dans sa prison,
Et l'esclave servile en exploite l'ouvrage ;
On enchaîne le juste à la droite raison,
Du serf rieur et bête on déchaîne la rage.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s