I

Aux temps pas si lointains où chacun pouvait vivre,
Cette époque bénie où rien n'aurait manqué,
Un virus tout à coup en avait rendu ivre,
Que pour dire son droit fallut être planqué.

Et bientôt tout manqua malgré cette promesse
De revoir le bonheur d'un passé révolu,
Un remède, puis deux, puis trois, comme une messe ;
Interdisant de dire un amour résolu

Pour la liberté même autrefois tant chantée !
Le visage des gens s'assombrit d'un museau ;
La libre expression naguère tant vantée
Fut plus vite oubliée - aussi sur le réseau -

Que les rois fainéants dont on parle à l'école.
Le président français ainsi que ses amis
Furent les parangons d'un destin qu'on bricole
Sous équerre et compas de logeurs compromis.

II

Jour toujours ordinaire au zek de cette Europe :
Hier il refusa de rien laisser passer,
Et le voilà qui trime à côté d'un cyclope,
Pour miner cet argent qu'on veut tant amasser.

Le cyclope s'en va voir un autre pauvre esclave :
Trop libre pour haïr le serf subit son fouet,
Il n'entend pas les mots, les jurons qu'on lui grave,
Se contentant de dire avec son grand toupet

Qu'il aime son bourreau comme lui-même s'aime,
Que le Christ revaudra tous ces coups endurés,
Et l'exhorte à Jésus lui chantant un poème ;
Le cyclope s'agace à ces mots épurés,

Et l'achève d'un coup de feu en pleine tempe.
On s'affaire sans fin dans ce camp des honnis,
On mine et on rabâche, on frappe en cas de crampe,
Pour un vaccin poison tous ont été bannis.

III

L'Antéchrist, fou de rage, appelle son armée,
Car le Christ quelque part fut fêté dignement ;
On trouve le coupable à la verve animée
Et le condamne vite à l'emprisonnement ;

Partout, le dur pouvoir ratisse, traque et tue…
Un crucifix par là condamne à pendaison,
Une croix par ici, là-bas une statue,
Pour ces honteux méfaits on brûle une maison.

Chaque église est détruite - guère mieux, profanée -,
Toute chapelle meurt sous les coups des marteaux ;
Partout, des résistants à l'âme surannée
Que l'on trouve cloués sur le bois des poteaux ;

Partout, la mort exulte et le sang est en fête,
Un nouvel Evangile au monde est proclamé :
Ce nouveau Vendredi l'oppresseur est au faîte
De son hideux pouvoir y trouvant son acmé.

Reste-t-il un espoir à la Grande Assemblée ?
Les chrétiens viendront-ils à Jésus crucifié ?
Dans le monde qui vient l'âme sera troublée
Par les suppôts de l'Autre et son mal ramifié.

Alors revient Jésus dans sa parfaite gloire.
Soudain, un grand éclair dans le ciel du péché,
Il faut choisir : Soit Dieu, soit l'Autre ; ou la victoire,
Ou le feu infernal ; un cœur neuf, ou séché.

IV

Marie a triomphé de son Cœur pur, modeste,
Faisant le beau cadeau de son humilité :
Partis, ces ennemis ; éteinte, cette peste ;
Vaincu, cet Antéchrist ; gloire à l'humanité !

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