Quelques réflexions sur ce qu’il s’est passé en 2013 – Remise au point #RAP3


À entendre la clique de la nouvelle Internationale des minorités sexuelles, l’homme blanc, cisgenre, hétérosexuel, mâle du patriarcat, catholique, père de famille nombreuse, valide et neurotypique, serait par nature mauvais et oppresseur, ne pourrait pas comprendre les problèmes des gens qui ont une différence et qui font partie du camp des oppressés. Par ailleurs, à croire les plus vindicatifs des membres des minorités sexuelles, de tout temps, l’homosexualité aurait été réprimée et réprouvée par le reste de l’humanité ; enfin, quand on entend de tout temps et que l’on croit comprendre qu’il s’agit là de temps immémoriaux, on se rend vite qu’en fait d’une éternité, il s’agit d’une durée. Vous avez deviné laquelle ? Deux mille ans… Ainsi donc, la méthode désormais bien ficelée, la mécanique bien huilée, le moteur peut ronronner son vomi de nausée du dégoût face à des idées nauséabondes.

Ceux que l’on vise, ce sont donc ces chrétiens, qui n’auraient eu historiquement qu’un mélange de haine et de réprobation face à l’homosexualité. Chrétiens, à les en croire, qui les auraient enfermés chez les fous. Parce que, oui, ce sont des médecins chrétiens qui auraient cherché à soigner la psyché homosexuelle à la camisole chimique, à une époque où triomphait dans le monde de la médecine les valeurs d’un discours scientiste, athée et franc-maçon. Parce que – voilà qui ne fait pas plaisir à ceux-là mêmes qui défendent les minorités sexuelles – la réalité de la répression de l’homosexualité dans le droit moderne remonte au Code Napoléon. Nos Codes civil et pénal n’ont pas été créés par les chrétiens, mais par des personnes qui n’avaient rien de chrétiennes au moment où elles édictaient leurs lois. On appelle cela la Révolution française !

À les entendre, la Manif pour tous aurait l’apanage de la haine et de la méchanceté. D’ailleurs, il était impossible qu’il y ait un million de personnes qui aient défilé dans la rue, puisque Le Monde et Libération ont montré les images truquées de la Préfecture de Police.

Voici donc un florilège de magnifiques preuves d’amour de la part de ces amoureux de l’amour, de la tolérance et du vivre-ensemble. Leur idole, Pierre Bergé, ne se déclarait pas gêné qu’il puisse y avoir un attentat au sein de la manifestation. Tel autre réfléchissait sur Twitter au moyen le plus approprié d’éliminer le plus grand nombre de manifestants haineux : poignard, grenade, bombe ou sabre ? D’autres affirmaient que la tolérance impliquait de ne pas tolérer les idées d’autrui en bloquant les profils des personnes opposées à leurs projets et à leur vision du monde. Et ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Quand ces personnalités usaient de leurs bons mots, les médias préféraient se déchaîner sur une fillette de neuf ans qui avait gravement insulté Christiane Taubira.

À les en croire, les manifestants de 2013 interdisaient aux homosexuels et autres membres des minorités sexuelles de s’aimer, de vivre heureux, comme si le mariage était la fin et la condition du bonheur, et non un moyen d’y parvenir pour les époux l’ayant contracté. Alors que la Manif pour tous rappelait fermement sa condamnation de l’homophobie, n’hésitant pas à admettre des homosexuels dans ses rangs et dans ses représentants, il s’agissait d’un mouvement évidemment homophobe et qui n’hésiterait pas à massacrer les homosexuels s’il en avait la possibilité, entendait-on parfois.

Quand il s’agissait de montrer que les plus homophobes de France n’étaient certes pas les catholiques, l’accusation tombait immédiatement : racisme. Obsédés par leurs passions, ces personnes n’acceptaient pas même la proposition de débattre, se sentant insultées au moindre désaccord dans le débat d’idées. C’est là qu’on prend conscience que la tolérance n’est pas une vertu, mais un bouclier pour inciter à penser de manière préconçue.

Il ne s’agit pas ici de condamner qui que ce soit, que ce soit clair. Je n’ai absolument aucun problème avec la vie privée des gens. Dénoncer des agissements n’est pas condamner des personnes. Je n’assimile pas le voleur au vol qu’il a commis. De même, je ne suis pas d’accord avec le fait de pratiquer l’homosexualité, et pourtant je n’ai rien contre les personnes qui pratiquent ces actes ; je ne réduis pas la personne à son homosexualité, en ce qu’elle ne fait pas partie de sa nature propre. La substance personne n’est pas l’accident homosexualité, pour faire un peu de philosophie. Je laisse par ailleurs le soin à chacun de rechercher la définition philosophique d’accident avant de venir réagir sur le fait que je prends l’homosexualité comme un accident qui suppose réparation.

La Manif pour tous répondait au projet de loi porté par Christiane Taubira. Elle dénonçait non seulement la loi, mais les conséquences logiques de celle-ci. On nous demandait de ne pas extrapoler, de ne pas prêter attention aux conséquences. Or, force est de constater que le gouvernement propose un projet de loi bioéthique qui met en place la PMA destinées en particulier aux lesbiennes et aux femmes seules, et l’extension de la GPA aux couples homosexuels, quoique ladite GPA soit de plus en plus réclamée par les couples infertiles, au nom de l’amour. L’enfant est devenu un objet de commerce, non plus une richesse qu’on ne peut évaluer par la dignité de cette personne qu’il est.

Je me souviens de ce magnifique état d’esprit plein de tolérance et d’amour de la part de ceux qui disent les porter. Je demandais un jour à une Allemande ce qu’elle pensait des manifestations contre le mariage homosexuel. Sa réponse : « J’ai une tante mariée à une femme, qui a adopté une fille, donc je trouve cela idiot. » La mienne : « Ce sont des manifs auxquelles j’ai participé. » Le reste du repas (nous pique-niquions avec deux autres jeunes femmes) s’est déroulé face à son silence réprobateur. Elle ne m’a d’ailleurs plus jamais adressé la parole. J’imagine qu’il s’agissait encore d’une de ses personnes qui toléraient au point de bloquer les contenus de ceux qui ne lui servent pas son repas d’idées préconçues. J’en suis triste pour elle.

En fait de tolérance et d’amour, on n’est jamais loin de ce qu’on appelle la délation et la haine. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s