Les merveilleuses vues de l’esprit humain – remise au point #RAP1


L’athée, seul spécimen au monde à se réjouir d’être une machine plus intelligente que les hommes, revendique donc là ce que nulle intelligence artificielle n’est parvenu à accomplir. Écoutez-le, ce représentant des sans-Dieu qui se croit opprimé jusque dans les seuls pays où l’on accepte sa présence sans broncher. À l’entendre, Dieu n’existe pas, parce que Dieu, voyez-vous, est une construction purement symbolique quand la science ne pouvait pas tout expliquer. Que la science n’explique toujours rien, cela ne lui pose aucun problème, puisque, croit-il, elle démontrera tout un jour. Toutes les preuves sont là que Dieu n’existe pas, raconte-t-il à qui veut l’entendre, puisque Dieu ne peut pas résister aux faits, c’est scientifique.

Fort bien, partons de cette affirmation assénée comme une vérité absolue – étrange acte de foi d’un relativiste ou d’un rationaliste souvent convaincu –. L’existence de Dieu ne peut pas résister aux démonstrations de la science. Science, par ailleurs, dont les croyants se seraient toujours tenus éloignés, eux qui ne peuvent pas même penser, puisqu’ils sont aveuglés par leur foi. Bien plus fanatique au fond que celui qu’il croit pourfendre, l’athée balaie justement près de deux millénaires et demi de recherche scientifique, des philosophes présocratiques aux chercheurs récents. Fier de montrer que Stephen Hawking est athée, il oublie que les premières théories aujourd’hui reconnues sur la formation de l’Univers sont dues à un prêtre ; que la génétique moderne puise ses racines dans les travaux d’un catholique pro-vie ; que la médecine microbiologique a été inventé par un catholique convaincu qui priait le chapelet assez régulièrement pour être moqué par un de ses disciples non-croyant ; que Descartes n’a jamais vraiment douté de Dieu même s’il est un philosophe renommé ; que l’inventeur de la calculatrice n’est autre qu’un janséniste repenti ; bref, qu’ils doivent tout à ces croyants qu’ils moquent aujourd’hui, prétendant qu’ils ne s’agirait que de vulgaires penseurs. Peut-être l’existence de Dieu ne résiste-t-elle pas aux démonstrations de la science, en tout cas, la science n’empêche pas ses adeptes d’y croire.

Si l’existence de Dieu ne résiste pas aux démonstrations de la science, que les adeptes des religions ne sont tous que des vulgaires machines qui ont refusé le servage de leur corps par douce rêverie (D’où viennent ces rêveries ? Ce désir d’être rassuré sur soi ? Cela n’est jamais expliqué autrement que par des arguments sur le désir d’être rassurés…), et donc que les athées seraient plus intelligents que les autres, ou, du moins, plus réalistes. Réalistes en quoi ? Dire que l’homme est un amas de cellules grises, noires, rouges et roses permet, en fait, de justifier tous les crimes. Bah oui ! si l’homme n’est qu’une machine, qu’est-ce qui empêcherait de l’exploiter ? Qu’est-ce qui garderait de mettre un terme à ses fonctions vitales ? Le croyant n’est-il pas, comme l’athée prétend qu’il l’est lui-même, une machine, un robot qui s’ignore, non ? L’existence de Dieu ne résiste certes pas aux démonstrations de la science, pour garder le point de vue athée, mais on voit bien que cela n’améliore en rien la condition humaine. C’est simplement, en fait de réaliste, froid.

L’existence de Dieu qui ne résiste toujours pas aux démonstrations de la science se heurte tout de même à des faits concrets. Jésus, pour ne citer que cette divinité-là, est apparu à des centaines de personnes après sa mort. On retrouve des témoignages sur près de trois mille fragments datés du Ier siècle, qui n’induise d’ailleurs pas nécessairement la conversion de la personne qui a eu la vision dudit Jésus. Jésus, encore lui, porte systématiquement le même visage sur toutes les représentations que l’on fait de lui sur près de deux millénaires, parfois indépendamment des régions, en dépit de l’ignorance ou du faible nombre de tableaux composés jusqu’alors dans certains endroits reculés. Jésus – décidément lui –, accomplirait encore de nombreux miracles en divers régions grâce aux prières de ses adeptes, ce qui conduit certains athées convaincus à reconsidérer la question de son inexistence. Lire, pour instruction, le journal portugais laïcard O Seculo en date du 13 octobre 1917, qui porte pour titre « Le soleil a dansé à Fatima ». Le Soleil ne devrait pas pouvoir accomplir de danse, mais ce 13 octobre 1917, près de 70 000 personnes ont témoigné avoir vu des manifestations de l’astre stellaire faisant penser à une danse. Dont ce journaliste athée et anticlérical, qui a porté rédigé de bout en bout l’article susnommé.

L’inexistence de Dieu a été démontrée de manière tellement assurée, qu’aujourd’hui certains athées militent pour l’interdiction des religions dans l’espace public. (Cela commence à prendre un tour bougrement dictatorial, pour des libres-penseurs, vous ne trouvez pas ?) Ne serait-ce que prier, cela devrait être interdit. À croire qu’un Dieu inexistant prend tout de même beaucoup de place dans l’esprit de ces gens !

L’athée prétend que les bigoteries et les pratiques religieuses enferment les gens dans un système oppressif, qui n’a rien à voir avec ce que le progrès et la science ont à proposer. La France, quatrième pays le plus athée au monde et, on l’imagine, fort heureux de l’être, connaît le plus fort taux de suicide dans la jeunesse au sein des pays européens. Depuis que l’athéisme a pris possession du pouvoir, Paris a été envahi trois fois, soit autant qu’en un millénaire et demi de monarchie chrétienne. La France, pays athée, est laïque, « Dieu merci ! », entend-on souvent sans résister à l’envie de rire. La République a apporté le progrès et la liberté, en même temps qu’elle a renversé la tyrannie ; en témoignent les nombreux cahiers de doléances des derniers États généraux en date, qui soutiennent massivement la monarchie. L’athéisme d’État des révolutionnaires a fait deux millions de morts en une décennie, sur le territoire national (en comptant l’Empire, quatre millions en un quart de siècle), face aux dix millions de la Guerre de Cent Ans sur un territoire à peine deux fois moins peuplé, dont sept millions sont morts de la Peste Noire.

Mais, chose sûre, l’athéisme a apporté le bonheur suprême. Je propose un bilan précis de ce bonheur formidable et incontesté : l’URSS, État officiellement athée, a pratiqué la famine organisée (six millions de morts), purgé plusieurs fois ses élites (à chaque fois, plusieurs centaines de milliers de morts), a pratiqué des massacres qui n’ont rien à envier à ceux des nazis, tels que la décapitation de l’élite polonaise à Katyn, la déportation massive des esprits étroits qui n’avaient sûrement pas voulu de ce bonheur magnifique et incontesté. Le Kampuchéa démocratique, État officiellement athée, a massacré un tiers de sa population. La Chine, État officiellement athée, pratique trois fois plus la peine de mort que les États-Unis (et là, encore, nous ne parlons que des chiffres officiels), réduit en esclavage des pans entiers de sa population, cherche à éliminer les peuples ethniquement non-Hans (ça ne rappelle rien à personne ?). Voilà le bonheur salutaire que nous sert donc l’athéisme.

Pour éviter le point Godwin, je n’évoquerai pas le nazisme, dont l’antichristianisme et et l’antijudaïsme sont notoires pour qui étudie sérieusement la question, mais me contenterai de rappeler qu’il se réclamait de sources païennes sans l’univers polythéiste. Autrement dit, sans Dieu. Athée, en somme.

Le merveilleux athéisme a donc réussi en deux siècles ce que n’avait pas réussi l’Inquisition elle-même : massacrer un tiers de certaines populations en parfois pas même une dizaine d’années, produire des guerres industrielles au nom du Progrès, et tant d’autres réalisations à en faire pâlir d’envie les plus religieux d’entre nous. Mais bon, les religions ont constamment déclenché des guerres au nom de Dieu, « depuis deux mille ans ». Cette fameuse rengaine du « depuis deux mille ans », qui cible évidemment le christianisme.

Voilà donc que l’athéisme fanfaronnant, non content de ne rien démontrer du tout, produit les fruits les plus vénéneux de l’histoire de l’humanité. Donc, ami chrétien, la prochaine fois qu’on vous affirme que Dieu n’existe pas et que s’il n’y avait tant de religions on se porterait mieux, vous aurez matière à dresser un bilan comparatif de l’athéisme et du christianisme. Vous l’aurez deviné, ça ne va pas vraiment dans le sens de l’athéisme…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s