Abandon


Cygne du merveilleux qui tombe de la nuit,
J’écoute votre orage et comprend la révolte,
Oiseau blessé d’un chant qui soudain vous poursuit,
Humilié par celui qui sème une récolte
 
Et vante sa conquête au regard de ses pairs !
Il ne parle de vous que pour cette souillure
Qu’il s’est permise, là, dans le vide des airs
De sa voix qui soufflait l’amour à l’ombre pure,
 
Et consommait l’honneur pour mieux le délaisser !
L’homme n’avait nul droit sur votre âme morte :
La honte qui monte en vous vient à vous abaisser,
Car de la trahison de la plus noire sorte
 
Vous comprenez le vrai, l’indicible douleur.
Terrible sentiment d’être pour jamais triste,
Ô colère qui vient dans la brume du cœur !
On vous a dévoré pour un bonheur soliste !

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