Homard meurtri


Comme un silence noir qui pleure son désir,
Fantastique soudain d’une lampe discrète,
Une âme de haillons peureusement furète,
Et choit, tout incongrue, aux pieds du grand vizir.
Plaisantin de passage, admire ce spectacle,
Regarde la folie explorer ses tourments,
Son cri vient à briser les malheureux serments
D’un drôle circonspect porteur d’un faux miracle.
Un homard l’a flingué dans toute sa splendeur ;
Écarlate et pivoine, il pleure l’innocence ;
La main plongée au sac il parle d’indécence,
D’odieuse tromperie et d’une triste ardeur,
Du champagne qu’il hait, d’exécrable mollusque,
De ces vagues œufs noirs au goût d’imprononcé ;
Devant la France entière il pleurait, l’insensé,
En homme délicat que l’injustice brusque.
À croire que l’équerre efface mieux le vide
D’un compte, qu’un compas détourne les regards
Du mondain politique aux surprenants égards.
Il mangea ces fins mets d’une fourchette avide.

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