LA COMPLAINTE DE LUCIE I

Je l’aime, hélas, mon Dieu, je l’aime, cet homme ! Hélas, ni amis chers, ni paroisse, ni Rome, Mais Dieu seul, lui seul, a vu le changement Frappant mon pauvre cœur ; las ! le revirement, Le doute après la joie. Je suis si amoureuse, Mais d’un homme incroyant ; ma flamme langoureuse Me commande le lit ; mon […] Lire la suite

RÉVOLTE CONTRE DIEU

Quelle bizarrerie que le catholicisme ! Cette religion nous eût donné l’altruisme, La bonté, la grandeur, l’amour, la charité ! La poussière encrassant son Dieu a bien chanté : Une vieille hier soir qui traversait la rue Me contait des chansons de sa voix convaincue ; Cela semblait joli mais l’air était trop vieux : « _ Dieu t’aime, cher Christophe, […] Lire la suite

QUAND MÊME LA VOIE LACTÉE DISPARAÎT

Plus d’étoile la nuit, hélas ! Astres lointains ! Que ne pouvez-vous plus briller ? Qui vous retînt Pour vous cacher aux yeux terriens ? _ Ô malheureuse ! C’est ta Lune adorée qui devient vénéneuse, Empoisonnée, mortelle. Hélas ! tout t’est caché Par cet astre noirci qui t’est trop attaché. Oui, Terre, nous étions ton dernier recours, Mais notre […] Lire la suite

QUAND LA LUNE SE VENGE

La Lune souriait dans l’Infini glacé. Sa vengeance venait. L’astre de nuit agacé Si longtemps par la vie qu’elle avait jalousée La voyait disparaître enfin dans la nuée. Maintenant, qu’avait-elle à craindre ? Non, plus de séquoia essayant de l’atteindre, Plus un seul animal sautant pour la toucher, Et plus aucun humain tentant de se cacher […] Lire la suite

QUAND VIENT LA NUIT

Le soleil s’endormait sans la couleur du jour : Finis donc nos espoirs ! Finies donc nos amours ! Ils partaient en laissant la Nuit. Restait le Crépuscule, qui luttait sans courage Contre le voile noir qui lui faisait outrage. Voile noir ? C’était donc la Nuit ! Le feu impitoyable avait tout consumé, A présent, il couvrait le […] Lire la suite

QUATRAIN SUR JEAN RACINE

Indescriptible… Unique, homme parmi les hommes ; Au milieu de la foule immense des Grands, Roi. Simplicité du Cœur face aux savantes Sommes, Racine est la plus belle expression de soi.

À MAMAN

Maman, mère attentive, oubliez un instant Vos préoccupations et donnez vos oreilles À cet hymne pour vous composé. Tu t’éveilles, Ô Oiseau magnifique, enchanteur et constant,   Tu chantes ce poème à maman. Les corneilles, Les corbeaux, tous s’en vont : le Mal se tient distant. Chante haut, chante clair, rossignol ; en chantant Que tes flammes […] Lire la suite

POÈME INACHEVÉ SUR LES SOUFFRANCES DE L’HOMME

Être faible, petit, maladroit, vulnérable, Le sage est une proie à la chair agréable, Au cerveau nourrissant. Mais le sage est si rare ! Insoumis, enragé, il devient une tare. Comme chaque proscrit, il peine, il tremble, il tombe, Il souffre, il agonise, il expire, il succombe. Ô Dieu ! quel sort injuste ! ………………… …………………Où est le […] Lire la suite

LES VOIX HUMAINES ET LE CONTRE-UT

« _Reine note, et grandeur ! » disait le Soprano Et le Ténor, debouts devant le Roi contre-Ut, (Ils étaient en ces lieux, mais assis sous le Do : La Basse, fière, grave, et prête pour la lutte ; L’Alto trop abaissé, et pourtant fort utile, Discrets en assistants) et la Voix qui rutile, Les Voix plutôt, vantant fièrement un […] Lire la suite

UNE ABEILLE SOUS L’ORAGE

L’Abeille butinait dans la campagne verte, Volant de fleur en fleur comme on court à sa perte, Puis fit un dernier vol qui semblait anodin, Sans sentir que poignait un ennemi soudain.   Oui, ce mal ennemi, c’était le sombre Orage, Cette mort assurée dans une brusque rage ! La nuée s’avançait et ne s’arrêtait pas, […] Lire la suite

POURQUOI ES-TU PARTIE ?

Pourquoi es-tu partie, ô ma charmante Muse ?   Depuis trois mois, je pleure, et ton souffle perdu Depuis trois mois ne vient m’inspirer ni poème, Ni strophe, ni distique ! À présent, m’est ardu Le moindre mot, ce mot qui sortait de lui-même !   Pourquoi es-tu partie, ô ma charmante Muse ?   Mais, toi, pour que […] Lire la suite

MADNESS OF TH’YOUNG WISE

May I be remembering th’worst memory of my life? The sun and the clouds were fighting to get the sky, O, this terrible sun and those so beautiful clouds! I looked at th’Paradise that I could have got.   “I’m holy”, and I kissed the statue of th’Holy Virgin. (Now, I’m sure it was so […] Lire la suite

LE REPOS DE L’ENCRIER

UNE LONGUE PAGE D’ENNUI   Sur son cahier noirci par sa plume inutile, Le cancre, courageux parfois, lassé souvent, Rêve d’être oublié au milieu de son île Désertée par le cours, tranquille dans le vent.   Oubliés le tableau, la craie ; tout n’est qu’idylle ; Il s’étend sur la plage, et l’horizon devant Laisse le vacancier […] Lire la suite

ÉLOGE DE TAKASHI NAGAÏ (TIRÉ DE « REQUIEM POUR NAGASAKI »)

I L’oiseau de mort partait sans rien détruire autour, Mais le ciel ténébreux lançait une menace : Ses moutons assombris cachaient l’astre tenace, Quand nul ne s’en souciait ; quand le cruel vautour, D’un vol sombre et pesant revenait tout détruire : La jeunesse insouciante animait les quartiers, Les rues se remplissaient de nouveau de métiers. Tout en […] Lire la suite

AU GUI L’AN NEUF

(Il est minuit)   LE TEMPS A l’instant, je ne suis vieillesse ni jeunesse, A l’instant, moi, le Temps, il faut que je renaisse. S’il eût fallu qu’un jour mystérieux on m’arrête, De l’an nouveau ce n’est nullement la requête : Tous les premier janvier, l’animal raisonnable, (Où a-t-il sa raison ? La fête est agréable, Mais […] Lire la suite